Sur ton Myspace, tu indiques être de Paris, Stockholm et Londres. Peux-tu nous démêler tout ça ?
En fait, je suis née en Suède, mais au bout de 10 mois, à cause d’un
problème de thunes, ma mère et moi on a déménagé à Londres. En plus, ma
mère y avait rencontré un mec. Qui est devenu mon beau-père. Je suis
resté à Londres jusqu’à mes 8 ans, assez pour recevoir une éducation
anglaise. Après j’ai bougé sur Paris et j’ai décidé d’y rester pour
l’instant.
Quand et comment as-tu découvert la musique à titre personnel ?
J’ai commencé le piano à 5 ans et j’ai toujours chanté – en chorale
–, dansé – du classique. En fait, il y avait un énorme piano chez mon
beau-père à Londres et direct ça m’a attiré. J’ai pris des cours, mais
j’ai arrêté quand je suis arrivée à Paris. Parce que ici c’est travail,
solfège, rigueur, tout le contraire de la prof que j’avais à Londres.
qui était très pédagogue et arrivait à me faire aimer la musique en en
faisant un jeu.
En fait, quand j’étais adolescente, genre 13 ans, j’étais un peu fan de mon oncle qui est guitariste en amateur depuis maintenant 40 ans. A chaque fois que j’allais en Suède pendant les vacances, j’étais en pleine admiration devant lui. De le voir jouer et de voir tout ce qu’on pouvait faire avec cet instrument, c’était extraordinaire. Il m’a donné envie de jouer de la guitare. Pour mes 16 ans, ma mère et lui m’ont donc acheté une guitare électrique pas chère.
A cette époque avais-tu déjà une solide culture rock, des albums que tu adorais ?
Je suis assez éclectique. Je crois que ça s’entend. Mes influences partent donc dans tous les sens. J’avais 15 ans quand j’ai entendu le premier White Stripes et je suis devenu vraiment fan. Mais avant j’écoutais aussi beaucoup les Smashing Pumpkins, Nirvana… Du blues aussi. Ma mère me faisait beaucoup écouter Elsa Fitzgerald, Billie Holiday, Nina Simone… Et toutes ces filles m’ont assez chauffé ! Je crois que ma base vient de là.
Lou Reed …
Ah, je suis une grande fan de Lou Reed. J’aime aussi sa façon d’être total absent, détaché. Je suis pas mal restée coincée sur Lou Reed et le Velvet Underground. Ce côté héroïnomane qui se laisse aller dans le trou noir, c’est un univers qui m’a pas mal attiré, sans bien sûr que je prenne toutes les substances dans ce genre. C’est pour ça que je suis schizophrénique. Parce que j’ai des moments où tout me saoule et je lâche l’affaire mais l’instant d’après je me dis : « Réveille-toi ! La vie vaut d’être vécue. »
As-tu déjà sorti des disques ?
Non, mais mon projet actuel, je suis dessus depuis mes 16 ans, au moment où j’ai commencé à jouer de la gratte. A 17 ans, petit à petit, je suis mise à composer parce que j’en avais marre de chanter les chansons des autres. Je voulais faire moi-même un truc assez bien pour que ça me fasse triper. Aujourd’hui, j’ai 21 ans, c’est donc un projet qui date. Il y a plein de morceaux que je chante depuis 4 ans ! J’en ai juste deux qui ont un an.
As-tu eu des expériences de groupe ?
J’ai eu une expérience avec Daddy Longlegs, mais ça n’a pas marché. Disons que j’étais peut-être trop jeune, je ne savais pas assez ce que je voulais donc c’est parti en sucette et je me suis retrouvée au fond du gouffre à me demander ce que j’allais faire toute seule maintenant. Et là j’ai rencontré Didier Odieu ! Le fameux (« chanteur et compositeur belge » croisant « Jacques Brel et Johnny Rotten » selon Wikipédia, Nda). C’est avec lui et Jean-Marie Aerts (ancien guitariste de TC Matic, Nda) que je fais mon album. On a fondé une sorte de famille. Avec leur expérience, tout a pris une ampleur et tout est devenu plus clair. Mais il y a eu un moment où mon projet était en stagnation, le douanier de la maison de disques disait d’attendre, qu’il ne savait pas, patati patata, je me suis donc mis à la recherche de musiciens et j’ai rencontré les Midnight Vultures. Eux cherchaient une chanteuse. Du coup je suis devenue la leur. Je le suis toujours un peu, mais quand mon projet est plus que jamais de nouveau sur les rails je vais bientôt en finir avec eux. Mais ils étaient au courant dès le départ que j’avais mon propre truc et qu’avec eux c’était de l’amusement, genre laid back, je m’implique à 20%, je n’ai qu’à poser ma voix sur les compos.
Ton groupe a pour nom provisoire Victoria Tibblin and The ?!?F**K!?!. As-tu trouvé quelques pistes de noms qui tuent ?
J’en ai dans mon sac mais bon c’est assez perché pour l’instant –
c’est genre Hot Shot, Bang Gang (rires) ! J’attends, je préfère que
l’idée vienne de nous quatre. Mais pour l’instant c’est ça notre nom.
Parce que le groupe, c’est surtout moi pour l’instant, même s’il y a
Amaury (bassiste, Nda) et les deux Manu (guitariste et batteur, Nda).
Ça ne fait qu’un an qu’on se connaît. Donc voilà… Mais direct on s’est
tous bien entendus. Et c’est chouette, parce que moi, à force, ça me
pesait d’être toute seule. Aujourd’hui je veux une bonne unité de
groupe avec qui faire du ping pong d’idées. Et je pense que ça va le
faire de plus en plus. Une semaine après s’être rencontré, on avait
déjà un live à assuré. En une semaine ils devaient donc apprendre les
morceaux. C’était charrette mais ça l’a fait !
Quels sont vos meilleurs souvenirs de scène ?
Le concert qu’on a fait à Bruxelles : le public était super réceptif, ça dansait, applaudissait ! Ici, à Paris, les gens sont plus blasés. Mais bon, le premier concert qu’on a fait à Paris c’était au Paris Paris et les gens écoutent à moitié leur iPod, ils discutent fort : ils sont plus là parce que c’est le Paris Paris que pour assister à un concert.
Ton groupe c’est toi et trois mecs. Tu ne voulais d’autres filles ?
Je crois que j’ai vraiment un problème avec la relation féminine. Je me sens beaucoup plus à l’aise avec les mecs. Il y a des nanas qui me ressemblent, mais il y en a d’autres avec qui je n’arrive pas. Dans un groupe, c’est plus facile pour moi d’être avec des mecs, parce qu’ils ne vont pas faire chier, genre : « Qui a pris mon rouge à lèvres ? ».
Sur les quatre morceaux de ton Myspace, un seul est en français. Comment s’annonce ton album par rapport à cela ?
Moitié français, moitié anglais. C’est le contrat. Ils ont pris le
risque. Au départ, bien sûr, j’ai voulu faire tout en anglais parce que
c’est clair que je me sens beaucoup plus à l’aise en anglais mais bon,
on m’a convaincu de faire fifty-fifty. Après c’est peut-être
intéressant d’écrire en français, mais moi je n’ai pas spécialement
envie d’être catégorisée français, parce que ça ne me correspond pas,
je me vois comme une artiste internationale et j’ai envie d’aller voir
ailleurs. Je suis née en Suède, je suis passé par l’Angleterre,
maintenant la France, mais qui sait, dans deux ans je serai peut-être à
Budapest !
Pouvoir écrire et chanter en français a pu t’aidé pour signer sur une major…
Normalement on se fait connaître par la scène et ensuite on va en studio enregistre un album. Moi j’ai fait le contraire Et en fait, on m’a signé sur la foi d’une démo de reprises. Je crois que ce qui les a séduit c’est que j’avais un timbre de voix particulier. Mais le jour de la signature je leur ai dit : « Bon c’est sympa, je n’ai que 17 ans, mais j’ai commencé à écrire mes propres chansons, je vous ai fait une petite maquette, je vous la donne et vous me dites ce que vous en pensez ? » Ils ont écouté, ils m’ont dit « OK. »
Des dates prévues en Suède ?
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