Concentré de contre-culture

Concentré de contre-culture

de Bruce Benderson

 

Résumé du livre

A l'occasion du cinquantième anniversaire de 'Sur la route' de Jack Kerouac, Bruce Benderson nous emmène faire un voyage dans l'underground d'hier et d'aujourd' hui, vu par un écrivain qui vécut ces années-là. Par ses libres associations d'idées et sa démarche ludique, l'auteur nous présente cinquante idées, personnes et événements qui piquèrent sa curiosité, influencèrent sa vie, ou furent tout simplement cocasses. Ce 'Concentré de contre-culture', construit par ordre alphabétique, à la manière d'une mini-encyclopédie, part d'Altamont, le célèbre concert de rock des Rolling Stones au cours duquel un spectateur fut assassiné, pour aller à Viva, la superstar la plus effrontée et dénudée d'Andy Warhol. En chemin, on rencontrera des personnages tels qu'Eldridge Cleaver, qui voulut fonder un état séparatiste noir aux Etats-Unis ; Patty Hearst, riche héritière américaine qui sombra dans le terrorisme ; Robert Crumb, le roi de la BD underground ; Peter Berlin, caricature vivante du désir homosexuel ; Jean Seberg, qui sacrifia son identité culturelle pour s'exiler en Europe et en paya un lourd tribut ; ainsi que les autres artistes, visionnaires, radicaux et cinglés qui inventèrent le monde alternatif des années soixante et soixante-dix. Vous découvrirez pourquoi le Bouc a toujours été un symbole transgressif, comment les mouvements Punk et Grunge sont morts, à quoi ressemble la vie d'un Skateur à New York, comment Haight-Ashbury, le quartier hippie de San Francisco, se développa, et beaucoup d'autres

Critique evene :

Au risque de faire un faux procès à Bruce Benderson, on regrettera le manque de nouveauté de cet ouvrage. Difficile de faire du neuf avec du vieux certes, mais sa compilation d’anecdotes nous laisse un peu sur notre faim. Sans être un apôtre de la théorie à tous crins, on peut déplorer l‘absence d'un discours qui puisse sous-tendre tout cela, qu'une pensée de la contre-culture apporte quelque cohérence à cet ensemble quelque peu bancal où se côtoient skateurs, William Blake, la chtouille et les Straight Edge. On en ressort avec le vague sentiment que s’opposer, c’est déjà entrer dans la contre-culture, que l’on soit réactionnaire ou d’avant-garde. Congédiant sans ambages Guy Debord en le qualifiant de névrosé au profit de José Bové, il confirme son goût pour une contre-culture spectaculaire et iconographique au détriment d’une réelle pensée en la matière. Navré de la récupération de la plupart des courants de cette époque, Benderson a une théorie qui incarne le bon sens même : une production qui s’oppose à la culture se définit par cette opposition même, au risque de se faire absorber. Cela n’apporte pas beaucoup de grain à moudre et s'il peut être agréable de découvrir certaines anecdotes disséminées dans le livre, il est agaçant de se voir resservir les mêmes propos éculés sur la Factory, Andy Warhol, William S. Burroughs ou le Punk. Lorsqu’il tente d’investir dans un registre plus contemporain, il cumule les approximations, qualifiant par exemple les “white trash” de classe moyenne américaine. Cet abécédaire s’apparente à un pur produit culturel, sorte de galerie d’objets et de personnalités devenue à présent un fond de commerce sans saveur pour qui se contente d’en faire une compilation. Traiter cette période par le filtre de son expérience personnelle n’est peut-être pas la meilleure approche pour qui souhaiterait entendre un discours moins empreint de nostalgie de cet ‘âge d’or’. Dans cette perspective, la renaissance évoquée semble des plus compromises.

par Pierre Michel

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Dernière mise à jour de cette rubrique le 31/10/2007

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